Ses remparts

Peu remaniée et peu restaurée, l’enceinte fortifiée de Guérande est l’une des mieux conservées de France et la plus complète de Bretagne. Elle est surtout l’une des rares à avoir gardé ses remparts dans leur intégralité.

Une enceinte urbaine dans son intégralité

Construite à partir du 15e siècle sur la base de vestiges plus anciens, l’enceinte est érigée au lendemain du sac de la ville de 1342 en pleine guerre de succession du duché de Bretagne (1341-1381) à la demande de Jean de Montfort, alors prétendant au trône breton. Le chantier s’étalant sur un siècle et demi, elle conserve encore aujourd’hui les vestiges des différentes phases de construction et de son adaptation rapide à l’évolution de l’artillerie qui transforme les archères en canonnière.  

Menacée de démantèlement au lendemain de la Révolution au profit de nouveaux projets d’aménagement urbain, elle fait l’objet d’une première demande de classement au titre des Monuments Historiques dès 1855 avant de l’être officiellement en 1877. Elle échappe l’année suivante à un projet ambitieux de reconstitution visant à recréer comme à Carcassonne les parties manquantes. Peu remaniée dès lors, elle a conservé son authenticité et son intégralité.

 

Un tiers des remparts visitable

L’enceinte fortifiée court sur 1 300 mètres de courtines dont seulement un tiers a gardé son chemin de ronde et son couronnement de mâchicoulis. Elle était ponctuée de 6 tours, la 7e ayant été démolie en 1818. À intervalle régulier, elles assuraient la défense de la cité. Semi-circulaire lors de la première phase de construction, les tours prennent par la suite une forme en fer à cheval afin de s’adapter à l’évolution de l’artillerie.
L’enceinte fortifiée est également percée aux points cardinaux de 4 portes charretières (la porte Saint-Michel, la porte Vannetaise, la porte Bizienne et la porte de Saillé) et d’une poterne ouverte au 19e siècle (Poterne du Tricot). Des douves et un boulevard viennent renforcer ce dispositif défensif visant à protéger la ville médiévale et ses 1 000 habitants intramuros.
Aujourd’hui un tiers des remparts est accessible à la visite depuis la Porte Saint-Michel : au nord jusqu’à la tour Sainte-Anne, au sud jusqu’à la tour Saint-Jean. Il est également possible de longer le pied des remparts et de faire ainsi le tour de la cité médiévale.